« Surgit du vif »

Performance avec :
christian meghe, batteur-percussioniste
hervé marongiu, danseur-comédien
poèmes de mickaël andré
création lumière, julien mondon

 

Chaque soir ils ne savent pas ce qu’il va se jouer. Musique, danse, poésie surgissent de leurs dialogues, de leurs jeux, de leurs échos et de leur mise en danger. Un batteur-percussioniste et un danseur-comédien, personnage ambivalent, mi homme mi femme, mi bouffon mi clown caustique, qui incarne et se joue des poèmes de Mickaël André. Se moquant d’eux-mêmes, de la danse, jouissant des rythmiques percussives comme des forces, des apparitions, des éruptions bouillonnantes, tournant en dérision le sens des mots, comme pour faire trembler un peu les normes et les entrailles de la rationalité.

Les deux interprètes se racontent :

« Se mettre dans l’état de laisser jaillir le feu de ce qui nous surprend et qui constitue le souffle de ce que nous entendons et de ce que nous n’entendons pas encore. Laisser les portes s’ouvrir d’instant en instant sans connaitre le chemin qui s’inscrit et nous inscrit dans ce mouvement qui nous emporte et nous importe. Jongler, jouer, lancer, les mots, les sons, geste après geste, gestes qui s’ensemencent eux-mêmes par le simple fait d’exister. Mouvements qui se font et se défont pour trouver l’itinéraire d’un déroulement et d’une fin sans fin qui s’impose d’elle-même et nous donne faim de recommencer. »

Donc pas d’histoire écrite, pas de récit auquel se raccrocher, ne pas chercher à comprendre car comprendre, c’est chercher à expliquer, mais plutôt se laisser impressionner, au sens premier, par une imbrication de moments musicaux, dansés et parlés qui forment votre histoire, une multiplicité d’histoires. Un désir de rester des artistes-bricoleurs entre les intervalles, entre la réalité et les rêves, entre la musique et la danse, entre les mots et l’imaginaire, entre les regardeurs et les joueurs et vice-versa. Ouvrir le champ des possibles pour créer des passerelles surgies du vif qui deviennent elles-mêmes matière à mutations et à jaillissements.

« […] c’est en refusant de chercher le sens qu’on a le plus de chance de découvrir, comme par hasard, ce qu’on cherchait. »  Hijikata TATSUMI

« Le théâtre c’est la liberté, la liberté, la liberté, la liberté sans triade. L’intelligence est un con. Le génie est un con. L’esprit est un con. […] Ainsi donc le corps est un état illimité qui a besoin qu’on le préserve, qu’on préserve son infini. Et le théâtre a été fait pour cela. Pour mettre le corps en état d’action active, efficace, effective, pour faire rendre au corps son registre organique entier dans le dynamisme et l’harmonie. Pour ne pas faire oublier au corps qu’il est de la dynamite en activité. Mais cela qui le sait encore dans un monde où le corps humain ne sert plus qu’à manger, à dormir, à chier et à forniquer. » Antonin ARTAUD

 

Photos en répétition par Julien Mondon

 

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