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Thème réflexif : La trace et le chemin

Thèmes sensitifs : éclore et se ramasser / cycle et répétition

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#  « Trace qui se trace en chemin. Parfois ça trace aussi vite que la lumière. Lumière qui chemine à la trace d’elle même, sans se saisir au tournant de son devenir. Chemin qui se dessine sans crayon et ouvre des parties sur l’inconnu connu qui se dévoile et redisparaît à nouveau. »

#  « Malaxer les sons, les tourner 7 fois sous les doigts et les langues avant de les laisser faire onduler l’air. La photo, c’est l’écriture de la trace toujours après, toujours un regard porté. Et un regard c’est toujours vivant, en train d’éclore. Dans la ruelle, dans la forêt, le long chemin jusqu’au réveil insoupçonnable. Et pourtant la mise au point est déjà faite, il ne faudra pas que laisser une montagne naître d’un pied, il faudra une explosion de soleil entourant des silhouettes, traces dans la rétine et dans le sensible. Ce sont tous mes coquillages, tout ce que j’ai amassé sur le chemin. Et il faudra bouger mes propres pieds-non, laisser ou me laisser être aussi un pied. »

#   » Chasser les démons qui m’habitent, mais en fait non, dialoguer avec eux, essayer de danser avec eux, les faire danser, s’amuser ensemble avec les cellules malades. Petits mouvements, syncopes, trilles, surface plane, courbures. Kantor sur mon pénis, mon pénis devient Kantor, Kantor mène la danse, se torcher avec Kantor, Kantor au Q, et après ? La petite mort, en étoile écartée, retrouver l’autre invisible sur le côté droit, dans la diagonale, plutôt un ersatz de latéral, et bim, plus rien. Pas vu, pas pris, pas de traces, juste un bout de chemin. »

#   » La flatulence du tigre est plus molle que celle de la limace puisque cette dernière ne pète pas. On pourrait croire que le pet est l’apanage du vivant. Ce qui est complètement faux puisque les morts pètent. Kiginisawa est dansé par les morts dit-il. Moi, l’idée me paraît pas vraiment rassurante. Tu te promènes dans ta danse, suivant une petite trace toute douce et POF, voilà qu’un nombre indéterminé d’ex-vivants prend le contrôle du navire. Si c’est une palanquée d’enfants trop mignons morts de la varicelle, ça va mais si on doit se coltiner les Claude François, De Gaulle et autres olibrius de cet acabit. Merci… L’espace se glisse dans les plis d’une jupe. Ecossaise.

#   » Puis-je effacer les traces de mon passé ? Chaque geste appris, chaque réponse à mon environnement ? Puis-je tout oublier, par choix ? Vide identitaire oblige, je me raccroche sans cesse à du « déjà fait ». Je reprends mes réflexes. A moins de les remplacer ? Par autre chose ? mais autre chose de si proche… Développer « autre chose » qui était déjà là… Je ne peux pas me fuir sans me nuire. Les traces de mon passé reviendront sans cesse à la charge. Alors que faire ? Restreindre un aspect, pour ouvrir de nouvelles pistes ? de nouveaux possibles ? »

#   » Noires mous mes.  Corfondre, comme confondre avec morfondre OU comme un corps qui fond. Explosion de couleur dans le ciel de mes papilles d’îles mouchetées. Rire parce que ce n’est plus permis, ou trop circonscrit. Rire pour avoir le droit, rire pour dire qu’ aussi on pleure, on fait la gueule ou on se passionne. Rire dans tous les sens de ces émotions qui se transversent du sensible au réflexif, et que le coeur d’un temps autant à soi qu’aux autres est toujours une patate chaude bien fondante. Rire à deux dans une salle de spectacle silencieuse comme une météore. Rire dans le métro parce qu’on est bien, là. Rire car on a peur de rire seulement pour se le permettre. »

#  « Retour en enfance. Moelleux. Distorsion du temps qui enfle en bon chamallow d’espace. Ces mots ne parlent qu’à moi puisqu’ils me racontent. Et qu’ils sont dits par moi. raclure de chaussette. Hervé, je ne suis pas énervée. Mais innervée oui. Innervée de rêves qui perdurent après le réveil. Parce que dans le réveil il y a rêve. Moi je rêve de rêve parce qu’après tout rêve il y a le large. Et l’ardeur du feutre bleu qui dessine les énergies de ma main. Ré de brume qui fait vibrer le parquet sous mes fesses. Hervé se fait vibrer les fesses seul, sans clarinette mais un livre. Zizi Ziggy truc bidule. Ha, ha, hohoho, Hi Hi Hi Hi Hi, trlll, pfff, fimmmm… J’apprends à rire comme à compter jusqu’à mille. Mille pattes qui m’emmènent où c’est encore doux et où j’ai une place après la trace. »

#   » Déplacer des lignes, des dynamiques, des places, des noms, des idées, des approximations, des certitudes, des interrogations, déplacer l’irremplaçable remplaçable, déplacer le remplaçable irremplaçable, dépasser tout cela, repousser tout cela, trépasser, se déplacer, se replacer et qui-quoi ? »

 

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